Fin août, 2026 avait tout de l’année de la reprise pour les biotechs françaises. Deux mois plus tard, le secteur vit sa pire séquence.
En 2026, les biotechs françaises cotées ont connu les deux extrêmes : un rally d’été de +30 % en moins de deux mois, puis un automne qui a tout effacé. Derrière la courbe de l’indice, le détail des 25 valeurs montre une chute plus large et plus profonde qu’il n’y paraît.
Dans cet article, je reviens sur les cinq phases de l’année, ce que les performances par période disent du retournement, et les éléments à suivre pour savoir si le rebond d’octobre peut durer.
Sept semaines pour tout effacer
Le 21 août 2026, les biotechs françaises cotées affichaient +20 % depuis le 1er janvier. Le 13 octobre, elles étaient à −25 %. En sept semaines de baisse ininterrompue, le secteur a perdu 37,5 % de sa valeur, soit 45 points de performance annuelle.
Au 3 novembre, l’indice remonte légèrement à −20,5 %. Mais le tableau des 25 valeurs montre que ce retournement n’a épargné presque personne, et qu’il a effacé une année qui s’annonçait comme celle de la reprise.

Si on exclut Valerio (+214 % en 2026) et Genfit (+111 %), la moyenne tomberait même à −33,8 % cette année, qui correspond au niveau de la médiane. À l’autre bout, MaaT Pharma (−78,8 %), Cellectis (−75,5 %) et NFL (−68,6 %) ferment la marche.
Cinq phases en dix mois
L’année se lit en cinq phases. Le secteur a passé environ 60 % des séances au-dessus de son niveau du 1er janvier, avant de basculer durablement en territoire négatif à la mi-septembre.
| Phase | Période (2026) | Niveau en fin de phase (vs 1er janv.) | Variation sur la phase |
|---|---|---|---|
| Rally de début d’année | janv. – début mars | +12,0 % | +12 % |
| Volatilité | mars – 26 juin | −10,8 % | −20 % |
| Rally d’été | 26 juin – 21 août | +20,0 % | +34,7 % |
| Krach d’automne | 21 août – 13 oct. | −25,0 % | −37,5 % |
| Rebond timide | 13 oct. – 3 nov. | −20,5 % | +6,0 % |
Le rally d’été avait porté le secteur à son plus haut de l’année (+20% au 21/08). Le krach qui a suivi a été un mouvement violent, plus rapide et plus ample que la hausse qui l’a précédé.
Une chute générale et brutale
Sur trois mois, seules 3 biotechs sur 25 progressent: Medincell (+14,3 %), Valneva (+14,0 %) et Transgene (+7,0 %), tandis que 7 perdent plus de 30 %.
Lors des 3 derniers mois, on note également que 4 biotechs ont déçu suite à des annonces récentes, chacune ayant perdu près de 60%: MaaT Pharma (−64 %), Advicenne (-62 %), Cellectis (−59 %), NFL Biosciences (−58 %).
Sur l’ensemble de l’année 2026, pas moins de 8 valeurs ont perdu plus de la moitié de leur capitalisation. Les mouvements subis et la volatilité montrent que l’actionnaire d’une biotech française a vécu en général une année bien plus compliquée que ce que suggère la courbe de performance.
Gagnants et perdants face au retournement
Même les gagnants de 2026 ont subi le krach. Sur les cinq valeurs en hausse depuis janvier, quatre perdent plus de 20 % sur trois mois. Leur avance avait été construite avant l’été, et elle a seulement amorti la chute.
| Valeur | 2026 | 6 mois | 3 mois | 1 mois | Commentaire |
|---|---|---|---|---|---|
| Valerio | +214,3 % | +175,0 % | −38,0 % | −13,7 % | Gains acquis au printemps, en partie rendus |
| Genfit | +111,4 % | +36,9 % | −22,1 % | +20,7 % | Impactée, puis parmi les meilleurs rebonds |
| Theranexus | +60,8 % | +1,1 % | −23,9 % | +9,6 % | Avance construite en début d’année |
| Nanobiotix | +37,9 % | −7,6 % | −21,6 % | +20,1 % | Impactée, puis rebond marqué |
| Medincell | +13,8 % | +14,3 % | +14,3 % | +24,4 % | Seul gagnant 2026 en hausse sur tous ces horizons |
En terme de tendance, trois profils se dégagent :
- Les Biotech résilientes : Medincell, Valneva et Transgene sont les seules valeurs en hausse sur trois mois.
- Les rebonds d’octobre : Sensorion (+46,5 % sur un mois) et Adocia (+32,9 %) reprennent une partie du terrain perdu, sans effacer le trimestre.
- Les chutes qui se prolongent : NFL Biosciences (−43,1 % sur un mois), OSE Immunotherapeutics (−15,8 %) et Cellectis (−17,6 %) n’ont pas profité du récent rebond.
Quatre raisons de la chute, et quatre raisons d’espérer un rebond
Une baisse aussi uniforme renvoie d’abord à des facteurs typiquement sectoriels plutôt qu’à des annonces propres à chaque société. Trois raisons expliquent cette chute :
- La prise de bénéfices après le rally d’été : Une hausse de 35 % en moins de deux mois a rendu le secteur vulnérable au premier changement de sentiment. On a d’ailleurs observé le même mouvement baissier (-30%) sur le Tracker « Virtus Biotech Clinical Trials ETF » qui suit l’évolution des SMID Caps Biotechs US.
- L’effet Abivax s’est dissipé : Le secteur avait gagné +50,7 % en juillet 2025 dans le sillage d’Abivax. Fin juin 2026, la performance sur 12 mois atteignait encore +135 % ; fin octobre, elle n’était plus que de +2 %.
- La liquidité des petites capitalisations comme amplificateur : Quand les investisseurs réduisent leur exposition au risque, les petites valeurs peu liquides baissent plus vite et plus fort (-15% entre Août et Octobre pour l’indice CAC Small).
- Le financement et les annonces décevantes : Quatre biotechs ont récemment déçu (Cellectis, Advicenne, MaaT et NFL). Aussi, pour les biotechs souvent sans revenus, la crainte d’augmentations de capital dilutives pèse sur les cours en cas de retournement.
Pour les prochaines semaines, quatre facteurs pourraient renforcer le rebond initié depuis mi-octobre :
- La largeur du marché : après une telle baisse avec peu de distinctions, on pourrait passer au-dessus de 50 % de valeurs en hausse sur un mois car les fondamentaux n’ont pas changé ce qui relancerait la tendance sectorielle.
- La participation : une reprise pourra uniquement se faire avec une participation importante de biotechs qui contribueront au changement de perception.
- L’inversion du sentiment : un changement de perception peut également se profiler à la lueur de catalyseurs positifs (comme les résultats très attendus prochainement sur Inventiva).
- Le rally de fin d’année : on sait que, bien souvent, la fin d’année est propice à un rebond boursier.


